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Publié le : 16 septembre 2007
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Auteur :
Guilhem Pérémarty

Guilhem Pérémarty
Fatigue et Somnolence
"Le sommeil s’abat sur la fatigue comme un oiseau de proie".
(Victor Hugo, Les travailleurs de la mer (1866).

Dans le langage courant, les média, et parfois même dans certaines publications scientifiques ou médicales, les mots « fatigue » et « somnolence » semblent recouvrir le même sens.
En pratique pourtant, les causes, les conséquences et la prise en charge de la somnolence sont diamétralement opposée à celles de la fatigue.
La sieste par exemple, est très révélatrice de cette opposition. On la préconise chez les sujets somnolents alors qu’elle est fortement contre-indiquée dans l’insomnie et plutôt déconseillée en cas de fatigue.
Ce quiproquo persistant autour de la sieste et de la distinction Fatigue-Somnolence, pose quatre sortes de problèmes médicaux : Une meilleure définition de ces deux symptômes nous semble de nature à améliorer la prise en charge de ces malades difficiles.

Définitions :

La somnolence se définit comme un "État intermédiaire entre la veille et le sommeil caractérisé par une tendance irrésistible à l’assouplissement si la personne n’est pas stimulée". [1] En pratique, c’est ce que l’on ressent lorsqu’on a besoin de dormir.
Il devient de plus un plus difficile de rester éveiller et seul le sommeil permet de répondre efficacement à ce besoin en restaurant durablement la vigilance.

La fatigue est une sensation d’affaiblissement physique ou moral qui survient à la suite d’un effort soutenu. Seul le repos permet de répondre efficacement à ce besoin et restaure un bon niveau de performances. (La fatigue nerveuse, par exemple, se manifeste par une baisse de l’attention et de la concentration qui survient toutes les deux heures comme le montre le rythme des récréations...).

Chez un bon dormeur, les deux sensations sont presque synonymes...

Le soir, lorsqu’un enfant se dit « fatigué », on lui conseille d’aller dormir.
Il s’agit bien, ici, de la même chose car le coucher va lui procurer la double satisfaction de se reposer et de s’endormir.
Dans d’autres circonstances pourtant, ce ne sera pas toujours le cas. De retour d’une longue promenade, par exemple, l’enfant peut se dire très fatigué sans pour autant avoir sommeil, (ce qu’il ne manquera pas de manifester si on lui propose d’aller dormir).

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Une confusion persistante

Une confusion persistante en 2007 malgré les avertissements des spécialistes :

L’ambiguïté entre fatigue et somnolence persiste parfois jusque dans des documents récents de la sécurité routière, malgré une position très claire dès 2003 du Dr Pierre Philip, un somnologue très impliqué dans la prévention.


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Un dépistage des causes, des conséquences et une prise en charge, pourtant diamétralement opposés.

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UNE CONFUSION LOURDE DE CONSÉQUENCES.


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Conclusion

La médecine du sommeil (hypnologie ? somnologie ?) est encore jeune et manque de précision dans la définition de ces concepts.
Il est important de savoir bien distinguer les différences qui opposent la plainte de somnolence et celle de fatigue car la conduite à tenir n’est pas de même nature. (En pratique, on observe une surévaluation de la somnolence dans les contextes de fatigue, alors que les sujets vraiment somnolents sont, quand à eux largement sousévalués et on reste impuissant devant la plainte des sujets inomniaques).


Cet éclairage contribue à remettre en cause l’utilisation des somnifères dans la prise en charge de l’insomnie (même occasionnelle) au profit des "somnicaments".
Ces médicaments naturels du sommeil qui prennent en compte les notions de chronobiologie sont la lumière, la chaleur, le plaisir, les contacts sociaux, le rire et l’amour.

Rabelais faisait observer que "Les joyeux guérissent vite". De notre point de vue, ce sont de bons dormeurs.
Les troubles quantitatifs (par privation) du sommeil conduisent à la somnolence.
Les troubles qualitatifs conduisent à la fatigue (et son corollaire : l’insomnie) et s’accompagnent de nombreux troubles fonctionnels qui ne guérissent pas vite.
Nous pensons qu’une meilleure définition des concepts de fatigue et de somnolence pourrait contribuer à "rendre joyeux" de nombreux sujets qui luttent au quotidien contre les conséquences d’un trouble qualitatif ou quantitatif du sommeil.
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[1] Louise BÉRUBÉ, Terminologie de neuropsychologie et de neurologie du comportement, Montréal, Les Éditions de la Chenelière Inc.,1991, 176 p., p. 87.

[2] De l’horloge biologique aux rythmes scolaires (Pdf 4 p. Une expertise collective de l’Inserm, de 2001).

[3] "Plan Sommeil 2007", Xavier Bertrand.

[4] « Passeport pour le sommeil »

[5] "La diffusion la plus large de cette manière d’envisager le sommeil devrait entraîner une réduction significative de la prescription de nombreux psychotropes utilisés comme somnifères." Pr. J.L. Valatx, La Revue du Praticien (Paris)1996

[6] "Qui prescrit les hypnotiques ?"(institut-sommeil-vigilance.com).

[7] Dr Pierre Philip : "La privation de sommeil est un risque réel sur la route" (La revue "Sécurité Routière" n° 134, 2003).

[8] Campagne 2007 de la Sécurité routière : "Pausez Vous" "Dormez quand vous êtes très fatigués".

[9] Échelle d’Epworth , Johns MW, "a new method for measuring daytime sleepiness : the Epworth Sleepiness Scale" (Sleep 1991 ; 14:540-5).
Version Anglaise :Sleep Foundation.org, Johns MW, "a new method for measuring daytime sleepiness : the Epworth Sleepiness Scale"]

[10] La revue "Sécurité Routière" n° 139, "Somnolence au volant... connaissez-vous les risques ?"
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[11] Syndrome d’apnée du sommeil de l’adulte (Journal du Jeune Praticien sur "univ-lyon1.fr")

[12] Numéro thématique : Syndrome d’apnée du sommeil : Sommeil et Vigilance n°13,(la revue de la Société Française de Recherche sur le Sommeil).

[13] sources Institut Sommeil et Vigilance.

[14] À bonne sieste, bon coeur, Réseau morphee.

[15] Dormir pour mieux travailler "La France a besoin de repos ..." selon le Dr I Arnulf.

[16] (Échelle de Pichot « Echelles et outils d’évaluation en médecine générale » J. Gardenas et Coll. -Le Généraliste- Supplément du N° 2187 ; Mars 2002).

[17] Communiqué du CNRS sur l’effet "jet-lag" des anesthésies générales (juin 2006).
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[18] Médecine/Sciences ; Volume 20, numéro 1, Janvier 2004, le système endocannabinoîde central.

[19] Etude Sanofi, 2004, sur l’effet du Ribonaban, (bloqueur sélectif des récepteurs endo-cannabinoïdes :CB1) sur l’appétit et la dépendance tabagique .

[20] Génétique et Sommeil . Pr Valatx, (La Recherche, 1976).

[21] Dr Mehdi Tafti,( chercheur spécialiste de la génétique du sommeil).

[22] "La somnolence au volant tue autant que l’alcool",(www.somnolence.be ; Dr Stéphane Noël).

[23] "Supprimer la sieste systématique et non justifiée" , FMC "expression généraliste" 2001.

[24] On qualifie de "zapping médical" la démarche qui consiste à changer sans cesse de médecin. Les réformes de la santé et l’instauration du "médecin référent" sont faites en réaction à ce phénomène qui selon nous, est une des conséquences de la fatigue).

[25] Plaintes somatiques médicalement inexpliquées , Dr Pascal cathebras , Service de médecine interne, Chu St Etienne.

[26] Webscience (Romantic love, hypomania, and sleep pattern in adolescents, J Adolesc Health 2007 ;41(1):69-76.)




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