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Publié le : 17 septembre 2008
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Auteur :
François Besançon

François Besançon
Limites de l’Internet pour informer les proches des buveurs excessifs

Développer les interactions entre les groupes d’entraide, les éditeurs, les collectivités et l’Internet serait ouvrir à des millions de personnes en désarroi des chemins de formation.
  1. Rassurer les entourages sur leur efficacité.
  2. Inventaire des ressources.
  3. Objectifs pédagogiques.
  4. Réduire, par l’Internet, la disproportion entre besoins et ressources.
En vue de former les proches des buveurs atteints ou menacés, proches qui sont plus de cinq millions en France, je me suis attaché :
- à réunir des témoignages attestant que des proches de malades de l’alcool rétifs ont été efficaces, contrairement à leur sentiment d’échec ;
- à inventorier les ressources disponibles pour former ces entourages : professionnels de santé, groupes d’entraide, lignes téléphoniques d’écoute, publications imprimées, autres médias, collectivités et l’Internet ;
- à proposer une liste abrégée des objectifs pédagogiques de la formation : face à une dépendance alcoolique, après le sevrage, aux débuts des parcours d’alcoolisation, et face aux enfants [1].

Discussion

La disproportion entre la diffusion actuelle des messages et les besoins est flagrante, sachant que ces messages sont nécessaires à plus de cinq millions de personnes, dont beaucoup sont enfermées dans la solitude. Les professionnels (y compris ceux des CCAA), les lignes d’écoute téléphonique et les médias sont beaucoup trop peu nombreux, trop peu disponibles, trop brefs, trop peu répétitifs. Les articles pertinents sont à rechercher, non sans peine, dans des périodiques non répertoriés par Medline. Les groupes d’entraide ne sont que 200 environ. Les limites des livres sont la maigreur des tirages.

Les limites de l’Internet

Les limites de l’Internet sont la maigreur des contenus. Les automates de classement ignorent la plupart des livres, les associations et les sites dont l’intitulé s’écarte des locutions recherchées par les surfeurs. Bien des pages pertinentes citées sont trop descriptives et interprétatives au détriment des conseils pratiques. Les entourages sont aidés face à un malade de l’alcool rétif, mais guère après le sevrage, ni aux débuts des parcours d’alcoolisation, ni dans leurs rôles face à leurs enfants. Les co-dépendances sont décrites à satiété mais les traitements modernes qui impliquent les entourages sont ignorés. Trop de citations sont concédées aux forums et aux blogs, fertiles en contradictions et agressivité. Trop de citations n’intéressent guère les entourages : débats parlementaires, références juridiques, programmes gouvernementaux, informations destinées aux professionnels.
Surtout, on ne peut pas attendre d’un site Internet un message assez volumineux pour être authentiquement formateur. Il y faudrait l’ampleur d’un livre. Un site n’a le droit d’afficher in extenso qu’un livre libre de droits éditoriaux. Comment concilier l’efficacité de l’Internet en diffusion et l’efficacité d’un livre en contenu ? Un éditeur et un auteur transcriraient-ils un livre sur Internet dès que les commandes des libraires tomberaient au-dessous d’un seuil ?
Les moteurs de recherche internes des sites de libraires comme Fnac et Amazon seraient capables de concilier la diffusion de l’information et l’ampleur des messages, pourvu qu’ils élargissent la gamme des locutions à requérir. Développer les interactions entre les groupes d’entraide, les éditeurs, les collectivités et l’Internet serait ouvrir à des millions de personnes en désarroi des chemins de formation.
Des suggestions sont faites aux collectivités pour diffuser des messages impartiaux et pour en évaluer les résultats [2].

 

[1] Résumé de la communication "Alcoolisme : former les entourages des buveurs excessifs" à la société française d’alcoologie, le 20 octobre 2006, détaillée sur parlersanté.fr.

[2] Les références bibliographiques figurent sur parlersante.fr.




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