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L’hémochromatose à l’heure du gène : Evolution de la conduite diagnostique.
Plusieurs aspects cliniques, le plus souvent isolés, doivent faire suspecter une hémochromatose.
Comme une mélanodermie,
une hépatomégalie,
une impuissance,
une ménaupose précoce sans bouffées de chaleur,
un diabète voire une diminution de tolérance aux glucides,
une asthénie physique permanente,
des rhumatismes chroniques,
une chondrocalcinose,
Un aspect pathognomonique comme la tuméfaction des 2ième et 3ième articulations phalangiennes surtout chez l’homme [1].
La stratégie classique était basé alors devant la suspicion clinique d’une hémochromatose à controler tout d’abord les marqueurs sériques de charge en fer. En cas d’une élévation du fer sérique mais surtout de la saturation de la transferrine (sup à 60% chez l’homme et sup à 50% chez la femme) une ponction biopsie du foie était réalisée [2].
Celle ci permettait d’avoir trois données essentielles :
elle confirmait l’existence d’une surchage hépatique en fer,
elle en précisait la distribution hépatocytaire et périportale,
elle permettait une quantification de cet excés sidérique rapportée à l’âge.
Cette quantification faisait appel à deux paramétres : Le rapport de la concentration hépatique en fer (C.H.F.) sur l’âge et/ou le rapport du fer histologique sur l’âge. Si les valeurs étaient supérieures respectivement à 1,9 et 0,2 et si les surchages secondaires notamment transfusionelle étaient éliminées, le diagnostic d’homozygotie hémochromatosique pouvait être retenu [3].
Actuellement la démarche diagnostic repose sur le resultat de la recherche de la mutation C282Y bien sûr demandée devant une suspicion clinico-biologique d’hémochromatose [4].
Si la mutation est présente à l’état homozygote (C282Y +/+), l’hémochromatosique peut être affirmée. La stratégie repose alors sur l’évaluation de l’intensité de la surchage hépatique en fer.
Celle-ci est obtenue par l’utilisation combiné du taux de férritinémie et des données de l’IRM hépatique [5].
Les valeurs seuils actuellement proposées par les équipes sont un taux de 1000 à 1500 ug/l pour la férritinémie et/ou une C.H.F par IRM déduite du degré de l’hyposignal en T2 de l’ordre de 400 à 500 umol/g.

Si ces paramétres orientent vers une probabilité trés forte d’observer une cirrhose une ponction biopsique hépatique (PBH) doit être réalisée. Elle est alors justifié comme élément de pronostic pour d’une part apprécier l’existence et le degré de fibrose et d’autre part rechercher la présence d’un carcinome hépatocellulaire ou de nodules hépatiques dépourvus de fer qui interviennent dans la genése de ce dernier.
Si la mutation est présente à l’état hétérozygote (C282Y +/-), l’hétérozygotie hémochromatosique peut être affirmée.
Si la mutation est absente (C282Y -/-), l’hémochromatose peut être éliminée.
Dans ces cas la PBH n’apparait alors justifié que si il existe une discordance entre ces resultat et les données clinico-biologiques. En effet il existe certaines formes homozygotes d’hémochromatose ne s’exprimant pas ou incomplétement et il semble alors licite de demander une IRM qui entrainera une PBH si une surchage hépatique en fer apparait probable.
Dans le cadre d’une enquête familiale d’hémochromatose la stratégie classique se basait, au niveau des fréres et des soeurs du probant, sur leur degré de similitude H.L.A.Un HLA identique correspondait à une homozygotie hémochromatosique, un HLA semi-identique correspondait à une hétérozygotie [6]. La stratégie nouvelle repose tout simplement sur la recherche de la mutation C282Y
La thérapeutique repose toujours sur la soustraction régulière de fer non héminique, obligeant l’organisme à puiser dans ses reserves le fer nécessaire pour reconstituer le stock d’hématie. En général le malade subit deux saignées par semaine afin d’obtenir une ferritinémie infèrieure à 100 ug/l. Puis le traitement d’entretien repose sur 3 à 8 saignées par an.
[1] Yaouanq J. Hémochromatose génétique. Concours Médical 1991 ;29:2504-8.
[2] Brissot P, Moirand R, Guyader D, Deugnier Y. Surchages en fer. Encycl.Med.Chir.(Paris france),Hepatologie,7-200-A-10,1995 ;16p.
[3] Deugnier Y, Loréal O, Guyader D, Jouanolle Y, Moirand R, Jacquelinet C, Brissot P. Liver pathology in genetic hemochromatosis : a review of 135 homozigous cases and their bioclinical correlations. Gastroenterology 1992 ;102:2050-2059.
[4] Brissot P, Moirand R, Jouanolle AM, Deugnier Y, David V. L’hémochromatose : un diagnostic en plein boulversement. Rev Prat Med Générale 1997 ;11:30-3.
[5] Gandon Y, Guyader D, Heautot JF et al. Hematochromatosis : diagnosis and quantification of liver iron with gradient-echo MR Radiology 1994 ; 194:533-8.
[6] Moirand R, Brissot P, Deugnier Y. Prise en charge d’une famille atteinte d’hémochromatose génétique Gastroenterol Clin Bio 1996 ;20:B9-B14.
Question au médecin auteur de l’article.
Je suis hétérozygote (ferritines stables aux environs de 500 et taux de saturation entre 40 et 60) et ne souffre de rien en particulier. Je suis surveillé par un spécialiste qui, pour l’instant, n’envisage aucune mesure thérapeutique. Je fais beaucoup de sport et en ai toujours fait : du vélo quotidiennement, deux fois par semaine 10 km de jogging. J’ai 63 ans. Ma question est la suivante : peut-on consommer - au moins en partie - le surplus de fer par une activité physique soutenue ? À tout le moins, stabiliser le niveau des ferritines ou la teneur en fer du sang ? Merci de votre réponse.
André
Bonjour, j’écris car ma mère est atteinte de l’hémochromatose. Elle ne le sait que depuis quelques jours car son médecin traitant n’a pas sû déterminer les raisons de ses diarrhés, de sa perte de poid, de son inssuffisance respiratoire, de l’anomalie hormonale, de ses douleurs articulaires et de sa fatigue permanente... elle l’a découvert par elle-même dans un article de "femme actuelle" ce qui a confirmé ce qu’elle pensait.
Bref, je voulais savoir si la cigarette pouvait agraver sa maladie . Je précise que ma mère a 54ans (je crois !) et qu’elle est tout de même à un stade évolué de la maladie (d’après mes recherches), elle boit beaucoup de vin, fume beaucoup également... elle ne pèse aujourd’hui que 43kg pour 1m62, cette perte de poids est constatée depuis environ 1an. Mon voisin qui a environ son âge est aussi atteind de cette maladie, il fait régulièrement des prises de sang afin d’évacuer son excès de fer. J’aimerai également savoir si à ce stade ma mère peut encore s’en sortir car elle me dit souvent qu’elle va mourrir....
Merci de me répondre à cette adresse : giuliane_jacquemotteyahoo.fr
Bonjour,
"En général le malade subit deux saignées par semaine."
Une saignée toutes les 2 semaines me semble plus courant.
Bruno
Bonjour, je ne suis pas médecin, je ne peux donc vous assurez la véracité de tout mes propos. Mais je peux essayer de répondre à vos questions.
Les saignées sont conseillées lorsque la surcharge en fer/ferritine est constatée. Très régulière au début pour faire baisser le taux (une à deux fois par semaines), elle s’espace ensuite lorsque un retour à la normale est constaté (menstruel ou trimestriel). Généralement ces saignées, si elles sont suivies, permettent une diminution de la fatigue et des douleurs musculaires dans la majorité des cas et d’éviter une phase plus tardive de la maladie (cirrhose, diabète...). Il faut donc suivre le traitement même si il est contraignant.
L’ADN est constituée de chromosomes eux même se "découpant" en gènes. Chaque gène a différentes versions les allèles. Celles ci peuvent-être anormales ce qui cause une maladie génétique. Nous avons 23 paires de chromosomes. Sur chaque chromosome, d’une même paire , nous avons normalement les mêmes gènes. Dans une paire, nous avons donc un gène mais deux allèles (une sur chacun des chromosomes de la paire), soit différentes : état hétérozygote, soit identiques : état homozygote. L’allèle du gène H63D causant l’hémochromtaose est récessive (faible si vous voulez), elle ne s’exprime donc que dans l’état homozygote. POur ce qui concerne, les questions de génétique, l’hémochromatose concerne généralement une mutation homozygote H63D, ce qui ne signifie pas que toutes les personnes atteintes posséderont cette mutation, ni que toutes les personnes ayant cette mutation auront la maladie. Chez certains autres patients possédant les symptomes la cause génétique est C283Y, mais chez d’autres les gènes en cause ne sont pas trouvés. Le médecin se basera alors sur des examens plus approfondis si les symptomes persistent.
Pour répondre aux autres questions :
il y a visblement trois types de personnes (en gros)à avoir répondu a l’article
des personnes présentant un des symptômes ou plus évoqués dans le début de l’article. Et dépistés ensuite par leur médecin. Si elles présentent ces symptômes, elles seront soignés par leur médecin. Et on peut espérer une vie normale dans la grande majorité des cas.
des personnes appartenant à la famille d’un malade et donc dépistés. Il y a alors deux cas :
1) pas de risque génétique. Si vous êtes hétérozygotes un dépistage de vos futurs enfants/conjoints sera sans doute recommandé. Voir article.
Si vous avez quand même des symptomes, votre médecin ne se quantera pas de vous mettre sous antidépresseurs.
2) risque génétique. Vous serez donc suivi régulièrement ( donc sans doute des prises de sang régulières) et traitées si symptômes. Pas d’inquiétudes plus la prise en charge est précoce, moins il y a de risques d’aggravations.
Je conseillerai jsute d’essayer de ne pas s’inquiéter et de ne pas consommer d’alcool. Pour tout renseignement supplémentaire, je vous conseille de vous adresser à votre médecin qui connaît votre dossier, est à même de vous répondre plus précisement. Internet ne permet souvent pas d’avoir des réponses compréhensibles à vos questions, conformes aux données actuelles de la science , la meilleure personne pour vous répondre est votre médecin.
Bonjour
Qu’en est-il d’une personne avec mutation homozygote H63D et pas de mutation pour C282Y ? Y a t-il possibilité de maladie ? Peut-on parler d’hémochromatose et dans ce cas est-il licite de pratiquer des saignées car c’est ce qui a été fait car la ferritine était un peu au-dessus de la normale et cela a beaucoup fatigué la personne en question.
Bonjour.mon mari est atteint de cette pathologie (homozygote) et nous avons un bébé.Je ne me suis pas faite dépistée.Est-il vrai que même si je ne suis pas porteuse du gêne tous nos enfants seront touchés ? Seront-ils homozygote ou hétérozygote ? Quelle est la différence par rapport aux manifestations de la maladie ? Mon mari a des saignées très régulières, doiton tout de même craindre des complications de cette pathologie ?
Merci beaucoup de me répondre car nous sommes assez inquiets.
Virginie
Bonjour, je suis porteur de la mutation c282Y homozygote.
Homozygote (excusez les simplifications qui vont suivre), signifie que les genes transmis par ma mère sont porteurs de la mutation. Mon père malheureusement m’a transmis la même mutation de son côté, pour ce gêne, ne disposant donc pas de gêne sain, j’ai transmis obligatoirement un gene muté à mes enfants. Ils sont donc porteurs OBLIGATOIREMENT, mais comme c’est un gêne recessif, si leur mère leur a transmis de son côté un gene sain, ils ne seront pas atteint par cette maladie. Par contre il y aura une chance sur deux pour qu’ils la transmette à leurs propres enfants.
cordialement.
Bonjour,
Je m’appelle Marina, je suis hétérozygote. J’ai développé la maladie il y a très peu de temps. Je me renseigne évidemment sur tout ce qui se rapporte à la maladie, mais je n’arrive pas à contacter 1 association si il en existe une sur Nantes. Intéressant de comparer nos symptômes, se retrouver pour parler, échanger etc.
Bonjour,
Voici un lien qui pourra vous servir :
Mais si vous êtes hétérozygote, vous n’avez pas la maladie.
Bonjour ma mere est heterozygote et a tous les symptomes de la maladie : ferritine à 1000, coeff de saturation à 57% Je viens de faire un bilan sanguin et ma ferritine est de 373 (j’ai 33a).
Je me demande donc si meme en etant heterozygote, on peut developper la maladie