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Dépistage du cancer de la prostate

Il existe peu de sujets aussi controversés que le dépistage du cancer de la prostate. En effet, on attend toujours la preuve de l’efficacité de ce dépistage, c’est à dire la preuve que les hommes dépistés par le toucher rectal ou le dosage des PSA vivent plus vieux ou en meilleure santé que ceux que l’on laisse tranquille.
La raison en est double :
les traitements curatifs sont peu efficaces, c’est à dire qu’ils modifient peu la probabilité de mourir d’un cancer de la prostate.
la présence de cellules cancéreuses dans la prostate d’un homme de 60 ans est très fréquente (un homme sur trois) alors qu’une très faible proportion de ces cellules cancéreuses va aboutir à un vrai cancer.
Rechercher ces cellules, c’est risquer de les trouver, sans savoir ce que l’on va en faire... Cette dure réalité a conduit l’ANAES, agence française d’évaluation en santé, à ne pas recommander le dépistage de ce cancer
En effet, le traitement du cancer de la prostate dépisté est tout sauf anodin : prostatectomie radicale ou radiothérapie, avec à la clé une impuissance très fréquente, et parfois une incontinence définitive. Il est rare en France que la patient soit prévenu de la possibilité de cette issue au moment du dosage des PSA.
Les suisses, pour qui l’information du patient est fondamentale (contrairement à un certain dogmatisme français)
insistent sur ce point
Une étude récente, très attendue, est venue confirmer l’intérêt anecdotique de ce dépistage : http://content.nejm.org/cgi/content/short/347/11/781
Grosso modo, on sauve quelques hommes en les dépistant, on en tue d’autres, et le bilan global ne montre pas de différence significative en terme de mortalité.
Bref, s’il y a un sujet difficile, dans lequel nous ne savons pas si notre action est utile, c’est bien le dépistage du cancer de la prostate. Or au milieu de tout cela, comme d’autres associations anglosaxonnes, l’Association Française d’Urologie (AFU) notamment par la voix de son Président, clame un peu partout qu’il faut dépister à tout va dès 50 ans par le toucher rectal et le dosage des PSA.
Aussi bien dans la presse professionnelle que grand-public, le dépistage du cancer de la prostate est présenté par l’AFU et ses représentants comme un enjeu de santé publique, une réalité prouvée et incontournable.
Sur son site http://www.urofrance.org, l’AFU présente notamment une plaquette destinée aux patients dans laquelle il n’est nulle part fait mention d’un doute quand à l’efficacité du traitement curatif :http://www.urofrance.org/pdf/AFU_prostate_tract_a5.pdf
La plaquette destinée aux médecins généralistes, ne vaut guère mieux. On y lit notamment "Un cancer de la prostate, diagnostiqué avant 65 ans, tue 3 fois sur 4 s’il n’est pas traité." Cette phrase laisse entendre que le diagnostic et le traitement vont sauver 3 personnes sur 4 ; elle correspond à de la manipulation de données. http://www.urofrance.org/pdf/AFU_prostate_depliant_mg.pdf
Dans le même ton, on peut lire sous la plume du Dr Philippe Mangin, président de l’AFU : "Les urologues de l’AFU espèrent sensibiliser les praticiens et les particulièrement les médecins traitants à ce sujet d’actualité sur lequel se penche déjà un groupe de travail de l’ANAES, mais nous savons qu’il y aura des objections à la fois financières et culturelles" [1].
En d’autres termes : les médecins traitants manquent un peu de culture et sont radins, comme les experts de l’ANAES, alors que nous les urologues de l’AFU, ne songeons qu’au bien être de nos patients ...
Il est intéressant de se pencher sur les recommandations de l’AFU http://www.urofrance.org/lienbiblio.php ?ref=C2-2002-00120029type=HTMLlang=fra
Ce long document comporte une phrase clé : "Le dépistage du cancer de prostate par dosage du PSA a pour objectif la détection d’un cancer prostatique à un stade précoce et asymptomatique. Plus le diagnostic du cancer est fait à un stade précoce, plus les chances de guérison du patient sont élevées (2, 3, 4, 5, 6, 7)."
Ceux qui iront consulter les références 2 à 7 pourront constater qu’aucune de ces références ne saurait étayer cette affirmation, d’ailleurs ambiguë (guérir ou sauver le patient ?). En revanche, bien que la mise en ligne de ces recommandations date de décembre 2002, le travail fondamental déjà cité (http://content.nejm.org/cgi/content/short/347/11/781) n’est pas mentionné.
En bref, on est dans de l’avis d’expert, bonne vieille méthode franchouillarde, et on continue à mutiler tous les ans des milliers d’hommes sans savoir si cela sert à quelque chose ou pas [2].
La forte distorsion qui existe entre les recommandations de l’AFU et celles d’autres sociétés savantes ne devrait-elle pas conduire les pouvoirs publics à s’interroger sur les causes de ces différences ?
Un moratoire sur ce dépistage contestable s’impose. Il y a là un beau gisement d’économie potentiel pour la sécurité sociale.
Une bibliographie francophone en ligne de qualité est disponible sur le site du CHU de Rouen
Voir aussi cet article
[1] Panorama du médecin, 05/12/2002
[2] On évalue actuellement à 10000 le nombre de morts subites du nourrisson excédentaires liées au conseil erroné de coucher les bébés sur le ventre, consigne unanime pendant 40 ans

Bonjour, En tout premier lieu, je tiens à vous remercier pour cet article. Il arrive un peu tard pour moi, puisque j’ai fait un test PSA il y a 3 semaines, à 47 ans, sur prescription de mon dermatologue ! (et donc bien sur sans aucun signe clinique, mais juste comme une suite logique du bilan sanguin du type cholestérol, triglycéride, et tiens pourquoi pas PSA...) Résultat : PSA 7.7 Je ne souhaite évidemment pas de conseils sur mon cas personnel, mais vous faire part de mes réflexions, de mes interrogations pour m’aider dans mon cheminement personnel :
Votre article date de 2004, il y-t-il eu depuis de nouvelles études qui confirment, infirment ou nuancent celles que vous citez dans l’article ?
Je résume ce que j’ai compris de mes lectures et plus particulièrement de cet article et des références qui y sont données :
Le test PSA n’est pas fiable, il donne lieu à des faux négatifs et des faux positifs.
Caricaturalement, lorsque l’on recherche des cellules cancéreuses dans une prostate vieillissante, on en trouve.
L’ablation de la prostate ne garantie pas que le patient ne mourra pas des conséquences de son cancer.
Le thème de votre article concerne le dépistage du cancer de la prostate, mais si les trois points ci-dessus sont avérés il en découle de nouvelles interrogations :
Faut-il réaliser une ablation de la prostate en absence de signes cliniques visibles (prostate de taille, d’aspect normal et donc vie normale du patient)
Et donc en conséquence, faut-il réaliser une biopsie de la prostate.
J’ai pour la première fois vu un urologue hier, qui, bien sur, conteste votre argumentation. Pour lui il n’y a pas de ’petit’ cancer et l’on est aujourd’hui incapable de détecter à quel moments celui-ci va devenir agressif. Il est donc sur une logique : si PSA confirmé après 1 mois, biopsie (importante : > 20 prélèvements), et si cancer ablation total. Je ne remets pas du tout en question ses compétences, ni son expérience, qui l’incite à rester sur cette ligne de conduite (il a d’ailleurs pris le temps d’en discuter longuement avec moi). Mais comment un praticien qui a fondé toute sa pratique, sa conscience professionnelle et sa morale personnelle sur un principe interventionniste (en agissant comme je le fais j’ai contribué à sauver un grand nombre de vies) pourrait-il être objectif ? La logique n’est-elle donc pas de s’orienter vers un cancéroloque plutot qu’un urologue ? Dans le même ordre d’idée je comprends également certaines réactions scandalisées de malades sur cette tribune : comment accepter que la mutilation que l’on a subit n’a peut être (et tout est dans ce "peut-être") servi à rien.
Encore deux points :
A-t-on des données sur les risques de propagation de cellule cancéreuses provoquée par une biopsie de la prostate ? Mon urologue m’assure que dans le cas de la prostate ce risque est pratiquement nul.
Un nouveau test vient d’être récemment autorisé en Europe. Il serait beaucoup plus spécifique que le test PSA (je ne rentre pas dans les détails pour éviter que le seul labo qui le met en œuvre en France ne soit débordé...). Mais s’il on vous suit, même un test fiable à 100% ne serait pas une solution. Il permettrait juste d’éviter quelques inquiétudes pour les patients aujourd’hui en faux positifs et donc de limiter les recours aux biopsies systématiques, mais il ne changerait rien à la véritable question qui reste : faut-il retirer une prostate ’cancéreuse’ et quel est le stade ou cette mutilation devient indispensable ?
Bonjour
La qualité de votre réflexion est impressionnante, j’imagine que vous avez une formation scientifique. Cela fait néanmoins plaisir pour une fois de ne pas se faire insulter 
Aucune nouvelle étude n’est venue infirmer les données de l’article. Voir aussi http://www.mmt-fr.org/article207.html
La réponse à vos deux questions après les trois premiers faits, qui sont avérés, est donc négative en fonction des abondantes données actuelles de la science.
Votre urologue tient un discours affectif, pas scentifique. Certains cancérologues sont plus mesurés, comme par exemple ceux qui ont décidé de ne pas inclure le dépistage du cancer de la prostate dans les stratégies prônées par les grands instituts de lutte contre le cancer.
Interpellé à l’émission "le téléphone sonne" sur l’absence prouvée d’intérêt du dépistage, un urologue a répondu "Moi je ne fais pas de santé publique, je soigne des malades". Tout est là, ces gens ne pensent pas, ils agissent et préfèrent ne pas trop réfléchir.
Sur le risque de dissémination liés à la biopsie, nous n’avons aucun élément de preuve pour la prostate, ni dans un sens ni dans l’autre. Un effet disséminant pourrait néanmoins expliquer pourquoi les patients à qui l’on propose un dépistage meurent plus de ce cancer que ceux à qui on ne le propose pas (étude Quebecoise).
Pour ce qui est du nouveau test, nous ne savons rien à son sujet en terme de pertinence pour les vies sauvées, mais vous pouvez être sûr d’une chose : lorsque les dernières études en cours confirmeront l’absence d’intérêt des PSA, l’Association Français d’Urologie expliquera partout que les PSA sont dépassées et qu’il faut désormais faire le Test X, test dont on mettra peut-être encore 15 ans à prouver l’inutilité.
J’ai effectivement au départ une formation scientifique universitaire en biologie, et même si mon travail depuis plus de 15 ans ne sollicite plus ce type de compétences, il faut croire qu’il me reste encore quelque chose de cette formation initiale (et le fait que vous vous en soyez aperçu me remonte déjà un peu le moral) 
Mais malheureusement, faire preuve d’un certain recul pour analyser le plus objectivement possible sa situation au regard des faits présentés, n’empêche pas les doutes, les angoisses et les larmes...
Le grand mérite de cet article, réside au moins pour les patients, voir pour certains médecins, à montrer que le consensus n’existe pas en la matière. Mais on ne peut jouer sa vie sur la consultation de sites internet, voir même de quelques publications scientifiques. Si j’ai, aujourd’hui, l’intime conviction, que vous avez raison dans votre approche, je ne pourrais prendre ma décision qu’après discussion « d’homme à homme » avec un médecin que j’aurai en face de moi. La difficulté pour le « malade », c’est qu’il se retrouve devant un généraliste puis un urologue qui restent sur des schémas interventionnistes, et qu’il est donc seul à supporter la décision de ne pas intervenir et donc le risque de mourir, s’il en croit ses médecins, d’un cancer osseux. ça n’est bien sur pas supportable.
Il vous reste donc à fonder une association, et à publier un annuaire des médecins, généralistes et spécialistes qui partagent votre opinion 
Bonjour,
Cette association existe : http://www.formindep.org Elle regroupe les médecins et les citoyens qui en ont assez de voir les lobbies influencer la formation et l’information médicale. Vous trouverez sur le site un dossier sur le cancer de la prostate et une liste de médecins signataires de la charte de l’association. Il n’y a pas, à ma connaisance, d’urologue chez les signataires.
Sinon, je partage totalement votre point de vue. Difficile et dangereux en général de faire plus confiance à internet qu’à son praticien.
La qualité de cet échange est d’ailleurs telle que je ferme le forum de cet article, il n’y a plus grand-chose à dire.
Bonjour,
Un urologue qui s’interroge, c’est une bonne nouvelle
On en rencontre peu ces derniers temps, en France en tout cas.
La surveillance attentive des malades biopsiés montre en effet une survie moindre (de très peu) par rapport aux malades opérés. Vous avez la référence dans l’article (publié dans le NEJM).
Mais la biopsie modifie très probablement l’histoire naturelle du cancer, en favorisant sa dissémination tumorale. La bonne comparaison, comme vous le soulignez, est celle qui consiste à comparer la survie entre les malades à qui l’on propose un dépistage et ceux à qui on ne le propose pas.
Inutile d’attendre 2008, cette étude a été faite au canada : 150000 hommes, suivi de 11 ans. Le résultat est clair : légère surmortalité (non significative) dans le groupe incité au dépistage. Certes, les auteurs ont tenté d’additionner hors randomisation les dépistés réels et le non dépistés, mais cette manipulation est invalide car elle introduit un biais majeur.
Pour ce qui est de l’aspect médico-légal, l’HAS est très claire dans sa recommandation. Seul le battage de l’AFU met les praticiens en difficulté et c’est bien dommage.
Enfin, vous soulignez un élément important : le point du vue où l’on se place. L’urologue voit des cancers évolués et se dit qu’on aurait pu les dépister. Le généraliste voit des hommes mutilés et se dit que c’était sans dout inutile.
Il faut éviter les réactions affectives et le réflexe oculoprostatique. Les études d’intervention sont faites pour nous aider à réfléchir et à définir les meilleurs stratégies. Et dans ce domaine, la messe est dite, y compris par l’inventeur des PSA qui suggère de ne plus les utiliser pour le dépistage.
Bonjour,
Je ne saisis pas : Un cancer de la prostate diagnostiqué tôt, étant localisé uniquement sur la prostate, doit disparaitre si on enleve la prostate non ?
C’est en tout cas ce que le generaliste que je viens de consulter (pour autre chose mais j’en ai profité, j’ai appris il y a 2 jours le cancer de la prostate de mon pere ) m’a dit.
J’ai du mal a croire que les traitements sont quasi-inéficaces, et que presque aucun medecin ne s’en rende compte.
Pour un cancer à un age jeune (ex : 58 ans), un cancer de la prostate non traité devrait évoluer vite non ? Dans ce cas, j’ai du mal à croire qu’une ablation n’ameliorerait pas le pronostic.
Ca se verrait si ca ne servait à rien, non ?
J’ai d’ailleurs eu d’autres echos qui me disaient que le cancer de la prostate était un de ceux qu se traitaient le mieux.
Je ne mets pas en doute vos infos ni votre bonne foi, mais je pense avoir mal compris quelquechose...
Bonjour,
Vous n’avez pas mal compris. On vous a mal expliqué. Prenez la peine de lire les liens indiqués dans l’article et cela sera peut-être plus clair.
En pratique.
Ce qui est sûr :
La majorité des cancers opérés ne se seraient jamais manifestés si les hommes n’avaient pas été opérés. L’opération n’a donc servi à rien.
De nombreux cancers localisés émettent des métastatses dès le début de leur développement. Les enlever ne change donc rien au pronostic (exemple type : Mitterrand).
Ce qui est probable
Des cancers qui n’auraient jamais fait parler d’eux sont sans doute disséminés par des biopsies intempestives et se transforment en cancer agressif.
Tout cela explique que les hommes à qui l’on propose le dépistage meurent plus du cancer de la prostate que ceux auxquels on ne le propose pas.
Je sais, c’est compliqué, j’en suis désolé. Pour le médecin au cabinet, il est infiniment plus long d’expliquer ce que je vous explique que de dire "mon p’tit monsieur, avec cette opération, votre cancer est pris au début et maintenant vous êtes tranquille".
Atteint d’un cancer de la prostate décelé au stade précoce, mais qui pourrait cacher un stade plus avancé, j’ai étudié les options possibles en l’état de la pratique et de la recherche médicales. Ma conclusion est la suivante.
Il n’est pas impossible, comme le Dr Dupagne a le courage de le rapporter, que le cours du cancer de la prostate ne soit que peu influencé par les thérapies actuelles. Ceux qui ont peur de cette vérité éventuelle, et je pourrais ultérieurement en faire partie, préfèrent adopter une de ces thérapies plutôt que de se laisser mourir sans combattre ou espérer. D’autres choisissent le risque d’une vie peut-être plus courte, mais exempte des effets secondaires de ces thérapies.
Aucune de ces deux options ne m’étant apparue satisfaisante, mon choix a provisoirement visé à étudier la possibilité, non totalement avérée mais présumée (selon des expériences, des études épidémiologiques et des essais cliniques, concordants ou non), de freiner le développement du cancer voire de faire régresser. Deux voies offriraient cette possibilité : d’une part un choix judicieux d’aliments (comportant par exemple des isoflavones ou du lycopène), renforcé par une hygiène de vie, d’autre part de nouvelles thérapies dont l’efficacité manifestée de manière modérée au stade le plus avancé (selon des essais cliniques de phase III aux USA) pourrait être notablement amplifiée au stade précoce.
Je me suis engagé dans une recherche dans ce sens, bien que je ne sois pas médecin, mais grâce à une formation scientifique. Je dois avancer très vite dans les prochaines semaines et les prochains mois car le temps accroît mon exposition au risque d’un cancer plus avancé. Dans ce but je dois trouver très rapidement des capitaux, car la mobilisation de fonds publics implique des démarches trop longues. L’idée est d’associer des personnes ou groupements qui en disposeraient et partageraient mes motivations. Cette recherche sera poursuivie au profit de tous, car ses résultats seront publiés dés qu’ils auront pu être validés par les autorités compétentes.
Bon courage à tous.
Voici un article paru dans la Libre Belgique, relatant une recommandation des autorités fédérales sanitaires belges. Certes, il se trouvera toujours des gens pour considerer ces experts comme de dangereux illuminés. Eux au moins ne sont pas sponsorisés par l’industrie pharmaceutique.
S’agissant du cancer de la prostate, le test PSA n’est pas défendable, selon les experts. Comme des instances similaires l’ont déjà fait dans d’autres pays, le Centre fédéral d’expertise des soins de santé vient de trancher en matière de dépistage du cancer de la prostate : « Aussi longtemps qu’il n’existe pas de preuve permettant d’établir que le test PSA fait plus de bien (moins de décès) qu’il ne fait de tort (effets secondaires de traitements inutiles comme l’impuissance et l’incontinence), le dépistage au moyen de ce test n’est pas défendable ».
Controversé depuis longtemps, voilà donc ce test, qui consiste en une simple prise de sang permettant de doser l’antigène spécifique prostatique (PSA), carrément écarté. Et de fait, depuis sa mise en pratique, on n’a toujours pas constaté de diminution de la mortalité liée au cancer de la prostate.
Le Centre fédéral d’expertise rappelle que plus de la moitié des hommes de 60 ans sont porteurs de cancers microscopiques de la prostate, tout en précisant que « pour une minorité d’entre eux, il s’agit d’une maladie potentiellement mortelle ». Il faut savoir que lorsqu’un cancer est dépisté, il peut encore se passer une période de 10 à 15 ans avant que les problèmes apparaissent. On peut donc envisager d’attendre et de surveiller. Ou alors de traiter par chirurgie ou radiothérapie, des traitements plus invasifs qui ont pour inconvénients de s’accompagner d’effets secondaires comme l’impuissance ou l’incontinence. Et comme on dit : en général, on meurt avec un cancer de la prostate, mais non d’un cancer de la prostate.
L’objectif consiste donc avant tout à repérer les cancers agressifs, et non les autres.
Mais de quelle manière ? Visiblement, l’utilisation du PSA n’est pas optimale. Pourquoi ? Parce qu’il débouche sur un trop grand nombre de « faux positifs » (résultats positifs en l’absence de maladie), et de « faux négatifs » (résultats négatifs en présence de la maladie). Alors que certains vont recevoir, à tort, un diagnostic de cancer, d’autres ne seront malheureusement pas diagnostiqués alors qu’ils développent un cancer.
Quant à dire qu’un dépistage à grande échelle peut faire diminuer la mortalité, il faudra encore attendre les résultats d’études probantes dans quelques années avant de pouvoir l’affirmer. « L’utilisation à grande échelle du PSA entraîne une détection de tous les cancers, y compris des cancers « endormis » et un risque de traitements inutiles », précise encore le rapport, soulignant que « l’on pratique en Belgique plus d’un million de tests par an, ce qui veut dire qu’environ un homme sur quatre de plus de 50 ans est dépisté de manière opportuniste ».
Le Centre d’expertise conseille aux patients de discuter avec leur médecin des incertitudes et des conséquences liées à ce test de dépistage. Selon ces experts, il serait sage de réduire le recours à ces tests et de revoir la fréquence des remboursements.
Bonjour, Je suis à la recherche de personnes atteintes d’un cancer et ayant (eu) recours aux médecines prallèles et/ou douces. Je souhaite réaliser, avec ces personnes, des entretiens (anonymes) approfondis.
Je suis sociologue dans un laboratoire du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et réalise cette étude pour l’Institut National du Cancer (INCa).
Vous pouvez me joindre de différentes manières : Anne-Cécile Begot Tél. 01 40 25 10 95 (répondeur, n’hésitez pas à laisser un message si je suis absente) OU 06 13 19 79 31
Mèl. anne-cecile.begotgsrl.cnrs.fr
Adresse postale : Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL), 59-61, rue Pouchet 75017 Paris
D’avance, je vous remercie de votre participation.
Monsieur,
J’ai 44 ans. Depuis quelques mois, j’avais envie d’uriner plus féquemment. Visite urologue : toucher rectal normal (juste prostate un peu plus grosse que la normale, pas de prostatite) et PSA (l’urologue me l’a fait faire parce que j’avais l’air "anxieux"). Résultat : 7. Anormalement haut. Depuis 7 semaines, antibiotiques (Tarivid 200) + anti inflammatoire, "Olfen-100"). Ceci, pour être sûr que je n’ai pas d’inflammation. J’ajoute que j’ai souvent une douleur au testicule gauche, mais apparement, rien, au toucher, de ce côté. La semaine prochaine, nouveau test PSA. En fait, j’ai tout simplement peur. A votre avis, ce taux de PSA de 7 suppose-t-il de bonnes chances d’avoir un cancer sans antécédent familial ?? Ajouté - est ce que cela peut être lié - que j’avais eu vers 23 ans des chlamydia +, plus tard, varicocèle. Je ne sais quoi penser ! Avec mes remerciements.
Bonjour,
Il est impossible de donner des avis personnalisés sur internet.
Mais une chose est sûre : le dosage des PSA n’a jamais traité l’anxiété :
normal, il ne permet pas d’affirmer qu’il n’y pas de cancer
supérieur à 4, il apporte l’inquiétude du cancer.
La problématique de la surestimation de l’intérêt du dépistage de certains cancers s’étend au cancer du sein.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, et pour des raisons proches de celles exposées dans cet article sur le cancer de la prostate, l’intérêt du dépistage du cancer du sein par mammographie et remis en cause et ne repose finalement sur aucune base solide.
Deux revues prestigieuses, sans doute les deux meilleures revues médicales scientifiques françaises (La Recherche et Prescrire) s’en sont émues récemment et on consacré à ce problème un important dossier.
L’Académie de Médecine elle-même en parle dans son dernier bulletin
Tout cela crée des tensions organisées par des pseudo sociétés savantes ou des politiques vantant l’intérêt du dépistage à tout crin, et les instances scientifiques françaises (Ligue contre le Cancer, Direction Générale de la Santé...) qui tentent de résister aux affects et de replacer le débat sur un plan rationnel.
Dans la note du Dr Junot, notez que le fait d’aller altérer une tumeur en l’opérant ou en la biopsiant pourrait faciliter la diffusion de métastases et donc finalement augmenter le risque de décès.
Il faut retenir de cette affaire que les évidences sont souvent trompeuses en médecine.
Et pendant ce temps...
Les canadiens sont toujours en avance
Les français en sont toujours là
Travaux pratiques : compter les publicités sur chacun des deux sites et tenter d’en faire une déduction.
Les belges aussi réagissent http://www.lesoir.be/sites_sat/regions/Bruxelles/page_5922_435861.shtml
Pendant ce temps, Chirac contre l’avis de ses experts parle de lancer le dépistage du cancer de la prostate.
Bonjour
Ce forum est destiné à commenter l’opportunité du dépistage, que votre cas illustre d’ailleurs. Mais je suis au regret de ne pouvoir donner d’avis médical personnalisé. Votre situation est à discuter avec votre généraliste.
Les américains commencent à se poser de sérieuses questions sur l’intérêt du dépistage : http://www.cbc.ca/news/background/cancer/
Si tout va bien nous nous poserons ces questions dans une dizaine d’années.
Ces mêmes questions en français : article
A noter : le nom du groupe qui combat le résultat cette article : "coalition contre le cancer de la prostate". Il s’agit d’une véritable guerre.
Quand les malades seront-ils enfin informes clairement ???
1) Quelle est la probabilite pour un homme age de 55 ans, sans antecedents familiaux, qui se presente pour un depistage volontaire de "mettre le doigt dans l’engrenage" des tests invasifs (biopsies a repetition etc..) inutilement (par inutilement on entend tests negatifs OU tests positifs mais pas de traitement susceptible de prolonger sa vie de facon notable (on fera abstraction de la qualite de la vie..)) ??
2) meme question s’il y a des antecedents familiaux
En pratique on devrait disposer d’un tableau avec ces infos par tranches d’age et selon qu’on a ou pas des antecedents
3) Quelle est la probabilite pour un homme de 55 ans qui a des relations sexuelles normales et satisfaisantes a la veille d’une ablation totale chirurgicale de la prostate, de perdre definitivement ces facultes a la suite de cette intervention ??
idem un tableau par tranche d’age (et peut-etre par type de traitement, pas seulement chirurgical) constituerait une information eclairee du patient.
Pour l’instant il faut compiler des dizaines de publications ...pour finalement rester sur sa faim.. Merci de me contredire.
Bonjour,
Vous posez d’excellentes questions.
Il est malheureusement difficile d’y répondre, notamment parcequ’il n’y a actuellement personne pour financer les études nécessaires. Tout l’argent (de l’industrie pharmaceutique) est consacré à convaincre les hommes de se dépister, par associations-écran interposées.
Bonjour
Tombée par hasard sur ce site, je suis complètement attérée parce que je viens de lire. Mon mari a subi une ablation totale de la prostate en 2004. Il est devenu totalement impuissant, à 58 ans ( ?!) Heureusement il en a fini avec l’incontinence qui a duré 6 bon mois. Nous avons renoncé à la comédie rapidement ridicule et pas marrante et aux effets secondaires des différents reboostants sexuels plus ou moins efficaces (plutot moins).Mon mari est soigné pour du diabète de type 2 et avait déjà quelques défaillances sexuelles à cause de ce problème. Bref, je me suis souvent vainement mis en colère parce que les toubibs ne disent pas la vérité sur les suites de cette opération mutilante. Leurs explications sont floues,inachevées, toujours optimistes en tout cas. Et même parfois légèrement culpabilisantes. C’est malhonnête. Quand j’ai suggéré "si nous choisissions la radiothérapie" pour commencer. Je me suis vu répondre, "eh bien si on fait ça et que le cancer évolue quand mme on ne pourra plus faire l’ablation. Alors que si son opére, on peut faire un traitement après au cas où". ça sentait l’arnaque mais je n’avais pas d’arguments pour contrer et je mettais mon mari dans l’embarras. J’ai 53 ans. On ne m’a jamais demandé franchement mon avis et pourtant dans le couple j’avais mon mot à dire sur notre sexualité, non ? Alors je me suis imposé dans les consultations et c’est moi qui posait les questions car mon mari était muet de trouille. Lui n’avait plus le recul nécessaire. Imaginez comme cela pouvait déranger, cette bonne femme qui voulait comprendre. Un toubib spirituel et goguenard m’a dit "ah vous vouliez faire médecine vous aussi". Quel connard ! Quelle belle façon de faire son métier ! Ensuite, les toubibs se plaignent et s’étonne d’un manque de reconnaissance de leur profession ! J’arrête là mon témoignage, c’est bien suffisant.
Bonjour,j’ai 55ans a été opéré d’un cancer de la prostate,opéré le 16 août 2005 d’une prostatectomie qui s’est très bien passée.
Vous avez raison MADAME dans le message.
L’essentiel c’est la VIE... Sachant que je suis dépisté,je me sens mieux, et vie plus tranquille,les médecins en général,font du bon travail. Recevez,MADAME,mes salutations.BON COURAGE.
Comme je me retrouve dans votre témoignage, moi aussi "j’ai révé de faire médecine" m’a-t-on dit ou bien "vous voulez vraiment que votre mari soit malade", parce que je voyais bien que qqchose n’allait pas et ai demandé ce foutu dosage de PSA à son généraliste, moi aussi je dérangeais les toubibs et plus encore le chirurgien, tout devait être rose après la prostatéctomie avec préservation des nerfs érecteurs, tout était beau sauf la réalité, de plus en sortant de la clinique "j’ai tout enlevé, vous êtes guéri", un mois après lors d’une visite de contrôle le rapport du labo d’anatomie qui a examiné la prostate retirée ne tient pas le même langage, "il reste un point d’invasion de la graisse péri-prostatique" !!! alors mon mari est bon pour rayons, que l’urologue lui avait déconseillé en pronant l’opération. Qui croire, à qui demander conseil, les toubibs sont intouchables et surtout ne leur demandez pas trop de détails, surtout en tant qu’épouse, car comme vous mon mari était muet, ça les dérange, car bien entendu j’ai rappelé à l’urologue qu’il avait dit mon mari guéri à sa sortie de clinique, et un mois après on remet ça avec rayons.
Que ce forum puisse nous donner un peu de courage et pouvoir exprimer à qui veut bien le lire ce que sont nos toubibs.
Toute votre argumentation repose sur les inconvénients et les bienfaits de l’ablation de la prostate mais vous ne parlez ni des techniques nouvelles, ni de la technique classique de l’irradiation. Dans le dialogue joint, on dit : "Il y a deux façons de traiter un cancer de la prostate débutant avec l’intention de la guérir. L’une est la radiothérapie, l’autre est la chirurgie radicale de la prostate. Commençons par parler de la chirurgie."
Et on ne parle jamais de la radiothérapie !!!!
Résumons : aucun inconvénient pour le patient du dépistage (en tout cas vous n’en parlez pas). Par contre s’il est dépisté précocement, il a le choix entre :
1- Ne rien faire et continuer à surveiller en espérant que l’évolution sera très lente.
2- Faire faire l’ablation avec des risques importants de rester impuissant et même incontinent.
3- La radiothérapie avec les mêmes risques mais très très limités.
En l’état actuel de mes connaissances, je choisirais certainement cette troisième voie. Pourquoi n’en parlez-vous pas ? Je connais plusieurs personnes qui ont été totalement guéries avec cette méthode et sans complications.
Bonjour,
J’en parle peu car la radiothérapie est rarement proposée par les urologues aux hommes de moins de 65 ans.
Par ailleurs, aucune étude n’a prouvé que les malades traités par radiothérapie vivent plus vieux que ceux que l’on ne traite pas. Utiliser la radiothérapie est donc un pari sur l’avenir. La radiothérapie provoque fréquemment des impuissances et des troubles rectaux.
Pour ce qui est des nouvelles techniques de chirurgie, elles n’ont pas non plus été évaluées sur la plan de la survie des malades opérés. Tout ce que l’on sait, c’est que la chirurgie endoscopique a moins d’effets secondaires.
Bonjour Monsieur
Mon ami après mult examens va subir très probablement une ablation de la prostate....il a 55 ans et nous sommes très amoureux... nous projetons de nous marier.... Radiothérapie... pourkoi pas !! Pourrait-on entrer en contact avec l’une de ces personnes traitée et guérie par radiothérapie ?
Grand grand merci à vous
Martine
J’ai lu cette article par hasard en cherchant des infos sur les menus css. Un de mes amis a perdu son papa à cause du cancer de la prostate et il m’a raconté les suites de l’opération (c’est vraiment horrible !).
Il n’y a pas quelques mois de cela, j’ai lu que la consommation de pépins de courge protègerait du cancer de la prostate ; je suis désolée de ne pas pouvoir citer la source (sûrement un site de diététique).
En effet, si les suites d’une prise en charge du cancer de la prostate sont si lourdes, la balance pèse en faveur de la prévention.
En 2003, mon médecin m’a proposé un dépistage : mon PSA était de 0,5.
À l’automne 2004, aucune anomalie au toucher rectal selon mon médecin, pas de test de PSA.
En juillet 2005, test de PSA=10,5. Le médecin me demande de le voir rapidement. Constat : nodule au toucher rectal.
Suite aux biopsies début août 05, diagnostic de cancer agressif Gleason=8. J’ai 55 ans et je crois que le dépistage à été important pour moi.
À chacun d’en juger !
Qu’en pensez-vous ?
Bonjour,
Je n’en pense pas que ce que j’ai écrit plus haut. Mais une chose est sûre, quand le vin est tiré, il faut le boire...
Un article important revient sur le faible intérêt des PSA dans le dépistage du cancer de la prostate : http://bmj.bmjjournals.com/
En fait, il n’y a pas de limite nette entre le normal et le pas normal. Cet examen n’est ni sensible (apte à détecter les malades) ni spécifique (apte à considérer comme non malades ceux qui n’on rien).
Depuis que cet article a été écrit, une nouvelle publication scientifique importante est venue apporter un éclairage nouveau sur ce débat.
Il s’agit de la suite d’une étude déjà citée sur l’efficacité du traitement curatif (prostatectomie radicale).
Un nouveau suivi à 9 ans montre l’apparition d’une baisse de la mortalité chez les sujets opérés par rapport aux non-opérés, baisse qui n’était pas présente dans le suivi à 6 ans.
L’étude a été publiée le 12 mai 2005 ici
L’affirmation selon laquelle il n’existe aucun traitement curatif efficace pour le cancer de la prostate est donc à relativiser : après dépistage et découverte d’un cancer de la prostate localisé, la probabilité de mourir dans les dix ans passe de 30 à 23% si l’on décide de se faire opérer. Cette différence est faible mais non négligeable.
C’est avant tout une bonne nouvelle pour les dizaine de milliers d’hommes qui ont été opérés jusqu’à ce jour.
C’est aussi un élément de réponse intéresant pour les hommes qui ont été dépistés et chez qui on a trouvé un cancer localisé.
Pour ce qui est du dépistage, cela déplace le curseur du doute vers l’intérêt du dépistage. Il faudra néamoins prouver l’efficacité du dépistage lui même car les nombreuses biopsies pratiquées et la révélation du diagnostic de cancer peuvent avoir un impact non négligeable sur la survie.
Dans les études ayant cherché à étudier l’impact du dépistage sur la mortalité, il a jusqu’ici été nul.
Docteur,
Je suis complètement consterné par vos propos. C’est scandaleux ; j’espère que vous n’exercez plus. En tout cas heureusement pour moi, que je ne suis pas tombé entre vos mains, ou d’un médecin de votre espèce.
Je m’explique, j’ai 63 ans, aucun symptôme, pas de difficultés pour uriner (maxi 1 fois dans la nuit) :
courant 2004, visite chez mon généraliste pour une visite de routine, contrôle du cholestérol, hémocult, ECG etc...PSA= 5.05, touché rectal normal, juste prostate un peu grosse. Orienté vers un urologue.
début 2005, Nouveau contrôle PSA redevenu normal (Total = 4.30, libre=1.43, libre/total = 33.33%).
Septembre 2005 PSA total =5.82, libre =2.36, rapport libre/Total =40.5%. toujours pas d’anomalie au TR. Réponse de l’urologue : ce n’est sans doute qu’un adénome, maisje vais quand même vous fiare une biopsie.
Décembre 2005 résultat de biopsie : sur 10 prélèvements, 1foyer carcinomateux Score de Gleason 6 (3+3). Bilans d’extension pas de lésions osseuses, ni ganglionnaires.
Docteur, vos statistiques et le trou de la sécu, vous pouvez vous les mettre...Ce n’est pas 6 ou 9 ans qu’il me faut. C’est plus de 30 ans.
Alors, pouvez vous me prédire que mon cancer va rester localisé à la prostate, jusqu’à 95 ans ???
CONCLUSION : je suis bien content d’avoir été dépisté et je vais me faire enlever cette prostate le plus vite possible. Je précise que je suis parfaitement conscient (et inquiet) des suites opératoires, surtout que j’ai une vie sexuelle épanouie, avec ma femme depuis près de 40 ans. Mais la vie avant tout. Nous ferons face du mieux que nous pourront.
Inutile de me répondre, je suis tombé sur votre site par hasard et je vais le supprimer immédiatement de mes favoris, ainsi que le site atoute.org.
Bonjour,
Vous êtes malheureusement une illustration de la facilité avec laquelle on inquiète inutilement les patients.
A 63 ans, un homme sur trois possède des cellules cancéreuses dans sa prostate. Les chercher, c’est donc les trouver souvent (personne ne conteste ces chiffres)
Pour une immense majorité des hommes dans votre cas, le cancer restera en effet localisé dans leur prostate jusqu’à leur mort à un âge avancé pour une autre raison.
Mais c’est votre choix de vous faire opérer et c’est un choix compréhensible une fois que l’on a été mis en face du diagnostic.
Je vous trouve bien agressif, alors que vous parlez d’un problème que vous ne maîtrisez pas.
Bonsoir,
Dommage, l’Hemoccult est un excellent test de dépistage, utile et peu dangereux. Tout le contraire des PSA.
Bonjour,
Votre réaction souligne la difficulté à faire passer les messages complexes en médecine.
Elle est partagée par certains médecins qui n’ont pas la culture scientifique ou éthique nécessaire pour comprendre qu’un dépistage n’est pas TOUJOURS utile, et qu’il peut même être nuisible.
Vous déclarez qu’il existe des thérapies "efficaces". Cela reste à prouver et c’est tout le problème. Pour l’instant, les malades que l’on dépiste et que l’on traite s’obstinent à mourir autant voire plus que ceux que l’on laisse tranquille.
Je sais que c’est difficile à entendre, mais c’est la réalité. Les références qui étayent ces affirmations sont dans le corps de l’article.
Et je vous rappelle une phrase du contenu de la recommadandation de la Haute Autorité en Santé (ex ANAES), publiée tout récemment et elle aussi citée dans mon article : "À ce jour, les bénéfices attendus de la démarche de dépistage individuel ne sont pas clairement démontrés et le manque d’éléments dans la littérature ne permet pas de conclure à une recommandation sur l’opportunité de la démarche."
Bonjour,
J’ai peur que vous n’ayez pas bien compris 
Bonjour, Avez-vous vraiment lu l’article ? Si vous choisissez ce sujet comme thème de travail de fin d’études, il faudrait tout de même que vous fassiez un effort. L’attitude prônée par la Haute Autorité en Santé (ex ANAES) est d’expliquer au patient que nous n’avons pas d’arguments pour faire un dépistage, mais que l’on peut quand même le faire s’il le souhaite.
Vous verrez dans l’exercice de votre futur métier qu’il n’y a pas toujours "oui" ou "non", mais souvent "peut-être".
Le "dialogue pour un dépistage" est très savoureux.
Le 23/11/04 dernier, pour mes 71 ans, j’ai un malaise atypique suffisamment désagréable pour que j’aille voir mon médecin à 2 pas de chez moi. Un p’tit Xanax, et tout va bien. Le lendemain, le bilan sanguin qu’elle (mon médecin) m’a demandé de faire nous apprend que j’ai eu un infarctus du myocarde (d’où direction réanimation hôpital, alors que je me sens très bien), et que mon PSA est de 13,9 ng/ml (belle précision...)
Les urologues ne rêvent que de m’opérer ou de m’irradier. Je n’ai pas envie des couches-culotte. C’est en cherchant sur le net que je suis tombé sur votre site. J’ai déja arrêté mes 2 paquets de clopes par jour. La prochaine fois, j’irais consulter une voyante.
L’union internationale contre le cancer est une organisation a but non lucratif qui approfondit les stratégies de lutte contre le cancer.
Son dernier rapport n’inclut pas le dépistage du cancer de la prostate dans les stratégies recommandées.
http://www.uicc.org/index.php ?id=994
Il est bien agréable de lire un texte de cette qualité après avoir consulté la propagande de l’AFU.
— Dominique Dupagne
Bonjour, Nous ne pouvons donner d’avis personnalisé sur ce forum. Seul le médecin de votre père est en mesure de lui donner des conseils adaptés à son cas.
Tout au plus peut-on dire, sans savoir si cela s’applique à votre beau-père, que même les partisans du dosage des PSA dans un but de dépistage ne le conseillent pas chez les hommes de plus de 75 ans.
En 1987, le docteur Thomas Stamey avait publié dans le New England Journal of Medecine la première recherche démontrant que l’augmentation du taux de PSA était un signe du cancer de la prostate.
Dans une étude publiée dans le numéro d’octobre 2004 du Journal of Urology, il conclut maintenant qu’un taux élevé de PSA serait surtout le signe d’une augmentation bénigne de la taille de la prostate. et que le test entraîne inutilement des milliers d’interventions qui visent à enlever de minuscules cancers qui pourraient être sans danger pour le patient.
Bonjour,
Votre message est intéressant car représentatif d’un courant répandu.
En pratique, face à la l’absence de preuve d’efficacité des traitements actuels, la réponse est "oui, mais les traitements se sont améliorés depuis". Tout d’abord, cela reste à prouver (en terme de mortalité) et de plus, c’est une fuite en avant inacceptable.
Commençons par prouver que nos stratégies améliorent le sort de l’homme avant de les proposer à tous.
Quant à la prostatectomie radicale, elle est systèmatiquement proposée aux hommes de la soixantaine.
J’inverse votre question. Peut-on proposer à un homme de 60 ans de le rendre impuissant, parce que l’on espère le sauver contre beaucoup d’évidences scientifiques ?
Il ne s’agit pas de santé politique, mai